Lorsque l’on souhaite écrire un film s’inscrivant dans un genre particulier, il est conseillé par mon ami McKee (Docteur es Scénario dont le livre Story se doit d’être une bible pour tout scénariste) de regarder le plus de films de ce genre afin de voir ce qui a déjà été fait, comment cela a été fait, quels sont les règles du genre… Cela n’est évidemment pas fait pour copier mais pour justement ne pas répéter, voir ce qui marche et ne marche pas, voire dans quelle direction s’oriente généralement le film et de quelle façon… Et une fois tout cela analysé, il faut se lancer
avec son propre style. Connaître les règles du genre permet de mieux les détourner ou de partir en sens inverse sans partir n’importe comment. Et il aussi important dans cette analyse de voir les bons films comme les navets, car on apprend beaucoup de ces derniers en voyant comment une bonne idée sur le papier peut s’avérer ridicule à l’écran.
J’ai donc tout parcouru le net à la recherche d’infos sur les films de boxe principaux existants, puis j’ai cassé la tirelire que je n’ai pas pour acheter et voir la liste de films essentiels (Rocky, Raging Bull, Million dollar baby, Ali, Kids return…) et moins essentiels (Casablanca driver, Rocky III et IV…) que je me suis constitué. En tout j’ai
visionné 15 films (dont un documentaire When we were kings).
Le point commun à beaucoup de ces films est l’aspect cohésif à petite ou moindre échelle. Que ce soit dans De l’ombre à la lumière, dans Rocky et même dans Casablanca Driver où les boxeurs voient le peuple s’identifier à eux et les porter ; dans Rocky IV pour unifier Russes et Américains ou dans The boxer pour unifier Catholiques et Protestants ; dans Ali et When we were kings (qui représentent la même histoire) où un pays entier, le Zaïre, met sa foi de reconnaissance en Mohammed Ali. La volonté et l’inflex
ibilité d’un seul parvient à rassembler des foules et à les unifier parce que les gens ont besoin d’exemples extraordinaires pour mieux vivre leurs vies ordinaires. Et il ne s’agit pas là que de cinéma puisque Mohammed Ali et James J.Braddock ont réellement existé et crée de tels engouement. Jake
Autre point commun, plus évident, est celui du dépassement de soi. La plupart des personnages ont une revanche à prendre sur eux-mêmes ou sur la vie (souvent les deux), mais rarement avec un a
dversaire concret (hormis dans Rocky IV où le méchant Ruskoff a rétamé la tête d’Apollo et le sang appelle le sang…). Ils boxent avant tout pour conquérir (ou reconquérir) leur honneur, et forcément plus ils partent de bas, et plus grande est leur rage d’obtenir une reconnaissance (Million dollar baby, Rocky, Ali, Raging bull), une meilleure vie pour leur famille (De l’ombre à la lumière) ou pour eux-mêmes (Les adversaires). Parfois le sens premier en est détourné. Dans Tokyo fist de Tsukamoto, la boxe est avant tout un moyen de blesser et heurter la chair afin de réveiller l’esprit endormi et abruti par les villes aseptisés, mais le personnage de ce film qui pratique sur elle-même des piercings de plus en pl
us incroyables parvient finalement à un nouveau stade de conscience au même titre que les deux boxeurs. Et dans Kids return de Kitano, la boxe est là pour montrer le manque de volonté des jeunes japonais. Mais malgré toute leur bonne volonté certains personnages apprendront à leurs dépends qu’il y a des limites qu’ils ne peuvent pas dépasser (je ne dis rien pour ne pas divulguer la fin de certains films). Mais qu’un boxeur (ou une boxeuse) perde ou gagne, là n’est pas l’important tant qu’ils ont tout donné et même au-delà.
Mais tous ces films sont avant tout de grandes aventures humaines d’un personnage allant face à son destin
quel qu’en soit le prix et refusant de se laisser abattre. Même Casablanca Driver a son destin à accomplir et il y fonce tête baissée (c’est d’ailleurs pour ça que le film est drôle). Les adversaires cassent la règle, puisqu’il y a deux boxeurs principaux au lieu d’un seul, et que le destin de l’un ne peut s’accomplir que par la défaite de l’autre, et préfère jouer la carte du budy-movie plutôt que celui de l’épique. Et si la plupart des films s’arrêtent au moment de la réalisation du destin (quel qu’il soit) seul Raging Bull s’intéresse à ce qu’il y a ensuite et montre la lente déchéance après avoir atteint le top. Rocky aussi à sa façon, mais c’est différen
t puisqu’il s’agit d’une suite de films et où le personnage perd de plus en plus de son statut d’être humain pour devenir un héros irréel.
Voici donc un petit gloubi-boulga de ce que j’ai pu trouver dans ces films en attendant que d’autres idées me viennent. Pour plus de détails sur chacun des ces films voici les 15 chroniques :
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive et si vous avez d’autres titres de films sur la boxe à me conseiller n’hésitez pas à m’en faire part.