Aujourd’hui c’est avec la plus grande joie érectile que Toda et moi nous attaquons au montage. L’écriture d’un scénario, bien que nécessitant d’intenses émotions est une partie calme, puis l’étape de la réalisation nécessitant de multiples aspects, le plaisir et l’excitation vont de paire avec le stress et la fatigue. Seule l’étape du montage est purement enthousiasmante, où l’on s’éclate à réunifier un puzzle à choix multiples.
Ce que je vois aujourd’hui me réconforte. Je ne suis pas Al Pacino mais je ne suis pas Steven Seagal. Je laisse le soin à Toda de choisir quelles scènes sont les mieux jouées en japonais et moi pour celles en français. Etonnamment je ne parle quasiment pas en français à part « Bonjour » et « Pourquoi ? » entre lesquels se glissent un « Putain d’enfoiré »… Tous les dialogues en français sont assumés par Yukako qui parle réellement français et dont le personnage use et abuse au plus grand désarroi du mien qui refuse de lui répondre en français.
Et puis tout à coup, en plein montage, PAF PASTEQUE ! Le logiciel bug sans avoir la décence de prévenir et nous plante une bonne heure de travail où tout à notre enthousiasme on n’avait pas pensé à sauver. On fait deux trois prises de karaté en l’air et on recommence sans trop se plaindre.
Le temps passe incroyablement vite, lui non plus sans prévenir (je vous parle d’un monde !), et il est déjà l’heure d’aller tuer quatre personnes. Avec toutes celles que j’ai tué depuis dix jour je ne suis plus à ça près. C’est donc parti pour la boucherie. Toutes les victimes sont des infirmiers travaillant avec Toda et une autre personne que je n’ai pas l’occasion d’assassiner est une patiente de Toda, Yuka-chan. Pendant ce temps, de nombreux autres patients assistent à la scène, silencieux et attentifs. Le montage aussi a lieu à l’étage de la clinique de Toda. C’est décidément un étrange studio, peuplé de personnages fantomatiques dans une ambiance enfumée. La plupart établissent un contact avec moi mais certains en sont incapables.
Le carnage terminé, on se rejette en courant sur le montage. On s’est décidé pour finir le montage avant que je parte le 15 Mars au soir. Ce soir on a décidé de travailler jusqu’à deux heures du matin et j’écris pendant que l’ordinateur calcule. Encore peu de sommeil pour les jours à venir mais pourquoi en vouloir plus ?
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