Petit dej, poisson halluciné, Toda, Yoko… Et me voilà à nouveau en train de courir. Cela me manquait, cela faisait au moins dix heures que j’avais pas fait de jogging. Au passage je me prends un insecte dans l’œil, me glace les fesses sur des pierres mouillées, et manque me prendre un pigeon dans la gueule. Yoko est toujours aussi stoïque mais de plus en plus expansive. Quand je lui demande quel genre de musique elle aime je m’attends à ce qu’elle me réponde du trash-metal-death mais elle part directe en sens inverse et me parle des oldies et notamment Olivia Newton-John. Décidément impossible de lui épingler une rassurante étiquette !
Les scènes de Yoko sont finies pour aujourd’hui. Bye bye Yoko, à demain. On se rend à la clinique qui est maintenant comme une seconde maison pour moi en attendant qu’elle devienne ma maison définitive. Sone est dehors. En me voyant dans la voiture son visage s’illumine. Je suis à peine sortit qu’il m’a mit le grappin dessus. Il se marre parce qu’il appris que je l’ai pris en photo en train de ronfler. Mais comme il l’a annoncé à tout le monde depuis hier, je suis son best friend donc pas de problème. Il m’invite même à prendre autant de photos de lui que je le souhaite.
Deux infirmiers de la clinique de Toda se joignent à nous. L’un pour jouer un petit rôle, et l’une comme assistante. Toda a pour coutume d’utiliser les membres de son équipe psychiatrique dans ses films, ce qui explique mon impression de déjà vue en les rencontrant pour la première fois. Et Yoko ne fais pas exception à la règle puisqu’elle travaillait jusqu’à peu dans la clinique de Toda.
Quelques scènes sont tournées, mais pas celles initialement prévues, celles-ci on les tournera dans quelques jours. J’avoue qu’organiser un tournage avec Toda est à s’arracher les cheveux, et comme il travaille souvent avec lui-même cela explique sûrement sa coupe de non-cheveux. J’ai beau tenter d’organiser au mieux le planning de tournage, ça part dans tous les sens. Je n’oublie pas que Toda doit se partager avec son travail à la clinique et qu’il faut s’adapter en fonction de cela, mais il est quand même bordélique, et comme la seule scripte que l’on a est barbue et porte le doux nom de Guillaume Tauveron, avec le jeu d’acteur et la co-réalisation, et l’assistanat de direction, car il n’a pas d’assistant non plus, je ne sais plus où donner de la casquette. A Kyôto on a plein de temps et peu de scènes à tourner donc il n’y à pas de quoi s’inquiéter. Par contre dès demain on part pour Fukui où l’on a que 4 jours pour réaliser presque les 2/3 du film et sans organisation je ne vois pas comment on va s’en sortir. Heureusement sur place, on doit retrouver d’autres membres de l’équipe technique, dont une assistante de réalisation, et j’espère qu’on arrivera à s’en sortir. Il n’y a rien que je déteste plus que d’abandonner une scène faute de temps !
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