Gnagna gnagna… Gnagna gnagna… Ouais ok j’ai compris. Il est 6h du matin et il faut encore que je me lève pour aller faire on ne sait quelle périple. A 7 heures pétantes, moins dix minutes parce qu’il est un homme impatient, Taguchi est devant la maison. Il fait un froid d’Ahiru (canard en japonais) et on part tout de suite au trot histoire de se réchauffer. Aujourd’hui pas de course pédestre (attention à ce que vous dîtes !), Tôkyô est notre vaste terrain de course.
Un arrêt pipi s’imposant, nous allons dans une station service. A l’intérieur se trouve un chauffeur de taxi coiffé comme un œuf, qui lui vient de finir son service. Je ne sais pas s’il est sourd mais putain qu’il parle fort. Comme je m’y attendais il me demande de quel pays je viens. Comment il sait que je ne suis pas japonais ? En France, pays à la multi-ethnicité, demander à un inconnu de quel pays il vient sous l’unique prétexte qu’il n’est pas de type caucasien, serait synonyme de préjugé à tendance raciste et la question serait à peine finie de formuler que SOS
racisme, la ligue des droits de l’homme, « ni putes ni soumises »,
Et on repart. Au bout d’environ une heure, on arrive dans un des plus grands centres névralgiques de Tôkyô : Shibuya. Univers extrêmement bruyant et coloré, rendez-vous de toute une jeunesse fashionisée. Heureusement, puisqu’on court, on passe vite cet arrondissement tapageur.
Notre prochain point de chute est le palais de l’Empereur, mais comme on est en avance sur le programme, on fait un petit détour par l’hôtel où je me suis marié (Meiji Kinenkan) histoire de me rappeler quelques souvenirs nostalgiques qu’il faudra que je conte dans ces pages un de ces jours car le mariage à la japonaise, c’est comme tout, c’est particulier ! Juste à côté se trouve un mur haut de plusieurs mètres, surplombé de barrière et qui court sur des centaines de mètres, avant de s’en aller sur la gauche sur près d’un kilomètre. Ce mur fait tout le tour de l’immense propriété des enfants de l’Empereur. Il y a des policiers placés en permanence tous les
Nous arrivons enfin à l’immense domaine qui entoure la propriété de l’Empereur (5km de circonférence). Avant ici se trouvait un magnifique château mais il a malheureusement été détruit à la fin du 19è siècle. Taguchi me montre une place. Il m’explique qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, apprenant que le Japon avait perdu la guerre, des dizaines de soldats sont venus se faire seppuku sur cette place. Ils ont du bien laver depuis car la place est impeccable. Ayant déjà parcouru près de vingt-cinq kilomètres, Taguchi me demande
si je veux prendre le métro pour rejoindre notre prochain point de chute. Comme je commence à avoir mal dans les pattes et que je suis bien mort, j’insiste pour qu’on y aille en courant dans un plaisir masochiste.
On court autour du domaine, jusqu’à ce qu’on revienne à notre point de départ et Taguchi me dit alors qu’on devrait prendre le métro car on a plus assez de temps pour être à l’heure à notre rendez-vous. Cela me semble assez logique puisqu’on s’est amusé à faire un tour de manège. Mais je ne suis pas mécontent de l’idée car j’ai un muscle qui est sur le point de partir découvrir le monde extérieur. Après trois heures de course, il me fait comprendre que c’est ma limite et que vouloir faire le malin m’entraînerait à l’hosto. J’obéît immédiatement et marche tranquillement.
Quelques arrêts de métro plus loin, on se rend au bain public. C’est la première fois pour moi et je suis assez
enthousiaste. C’est un petit bain public de quartier. Je me déchausse et rentre. Tout de suite face à moi, se trouve un petit vestiaire donnant directement sur le bain derrière des portes vitrées qui doit faire à peine 20m2. Je donne 400 yens à l’ouvreuse qui trône au-dessus de nous ayant à la fois vue d’ensemble sur le bain des hommes et sur celui des femmes. J’hésite à lui passer mon appareil-photo pour lui demander de prendre des photos du côté féminin puis je me dis qu’il vaut peut-être mieux pas. Je m’extirpe de mes vêtements trempés de sueur et finis en tenue d’Adam devant les yeux de l’ouvreuse qui en a vu bien d’autres et qui pourrait sans problème interpréter la chanson phallique de Pierre Perret. Heureusement que je ne suis pas pudique !
Je prends ma petite serviette et me joint à tous ces japonais nus en train de se frictionner (n'ayant pas pu prendre de photo j'en ai piqué une sur internet). Je m’assois sur un minuscule banc vert qui au départ me fait froid aux couilles puis prend la bassine posée devant moi et la remplit tour à tour d’eau chaude puis d’eau froide. En face de moi il y a un yakuza au dos en grande partie tatoué que j’évite de trop regarder. C’est comme les guêpes, faut pas trop les exciter, vaut mieux les ignorer ! Le corps soigneusement lavé, je peux rentrer dans la petite source chaude où trempent deux trois japonais l’air de rien. Putain. Après avoir prit un vent glacé dans la gueule pendant 3 heures, se retrouver dans de l’eau à 45° est particulièrement difficile et il me faut bien plusieurs minutes avant de cesser de me prendre pour de la friture. Maso jusqu’au bout je me rince à l’eau froide puis vais me changer. En partant, l’ouvreuse me fait un grand sourire. Tu m’étonnes, après le spectacle que je lui ai offert ! C’est elle qui aurait du me donner de l’argent !

Par la suite, nous retrouvons ma femme et des amis et c’est à nouveau l’occasion de se rendre dans un restaurant tout à volonté. Cette fois-ci il s’agit d’un restau de yakiniku. Il s’agit de viande, assez grasse et très tendre, que l’on fait griller avant de tremper dans la sauce spéciale yakiniku. Mais encore une fois, il y a tant d’autres aliments que c’en est une véritable orgie. Pour 1000 yens (soit 8 euros) c’est parti pour 60 minutes de remplissage d’estomac. Et après environ
Après quelques paroles et quelques au revoir, je finis la journée en mitraillant à tout vent les Japonais que je croise dans la rue, cherchant les visages, ou les tenues vestimentaires (ou capillaires) intéressantes. Et il y en a à foison comme vous jugerez par ces photos.
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