Aujourd’hui pas de tournage. Ce break me permet de monter les scènes tournées hier, de juger ce que ça donne, et de pratiquer des changements au niveau du scénario en fonction de la viabilité de certaines idées. Butant sur un point du scripte que je ne parviens pas à dégrossir, je me décolle avec un chausse-pied de devant mon ordinateur, je prends mon sac Barbie, me fait deux couettes sur les côtés de la tête, et m’en vais faire de la corde à sauter dans le garage.
Au début impossible de se concentrer car je n’arrête pas de me prendre la corde dans les jambes. Puis le rythme se met en place. La corde tourne, tourne, tourne. Je sautille, sautille, sautille. La machine corporelle lancée à un bon régime, je décroche l’esprit. Les idées
affluent. Mais pas dans le sens où je l’entendais. Le point sur lequel mon esprit se fixe n’est pas la réécriture du scénario, mais le titre du film. Car « Macédoine » ne correspond définitivement plus. Les mots et les idées tournent dans ma tête au même rythme effrénée que la corde. Je choisis tout d’abord d’utiliser le mot conte, car cela me semble bien résumer l’esprit général du film. Je recherche des jeux de mots avec le mot conte. Tourne, tourne, tourne. J’en passe un certain nombre avant de m’arrêter sur « Contes en banque », non que le titre soit exceptionnel, mais c’est ce qu’il implique qui m’accroche et qui me fais me décider en quelques secondes. Tourne, tourne, tourne. Ce nouveau film ne sera pas isolé. Il va faire partie d’une série de contes, qui se
nommera donc (à priori), Contes en banque, et qui devrait compter à l’avenir une grosse demi-douzaine de contes-courts-métrages. Tourne, tourne, tourne. Chaque conte se verra attribué une couleur différente selon son thème, et inversement le thème et l’ambiance devra se rapporter à la couleur. Et pour le premier conte de cette série à venir, la couleur qui me semble la plus désignée est le vert. Tourne, tourne, tourne. Enfin, il me semble nécessaire de compléter chaque titre avec un sous-titre d’un seul mot. Et celui-ci sera inévitablement « Magie » en raison des différents thèmes abordés, de l’atmosphère et de l’omniprésence de la nature.
Maintenant il m’est très simple de finir de réécrire le scénario car je sais exactement où et comment m’orienter.