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Lundi 16 janvier 2006

  La vie va tellement vite parfois que l'on a du mal à suivre le mouvement. Hier je me voyais faire le rat de bibliothèque à étudier Japon, Japonais et japonais (non je ne bafouille pas) de façon théorique du fin fon de mon Auvergne natale, et aujourd'hui je suis en train de préparer mon départ pour le Japon qui aura lieu dans moins de quinze jours. Quelle folie l'a donc pris vous direz vous ? Difficile à expliquer. Je base mon travail autant sur une stratégie à long terme que sur l'intuition. Et là il est temps que je m'envole ! Mon travail dans les mois à venir est principalement d'augmenter mon niveau de japonais, de me documenter sur le Japon, et de rechercher des contacts.  Imaginez la différence d'efficacité et de rapidité  entre effectuer ce travail à Clermont-Ferrand ou au Japon. Je pense que les résultats en seront décuplés. Et puis il n'y a pas que ça. Le réalisateur Hiroshi Toda, apprenant que j'allais venir, m'a demandé de venir pour une période suffisament conséquente pour que l'on puisse réaliser un film ensemble. Et comme c'est moi qui suis censé apporter le scénario, j'aime autant vous dire que je vais devoir cravacher durant les 15 jours à venir (mais comme j'ai des tendances masochistes cela me réjouit). Surtout que ce départ précipité à une conséquence. Je dois prévoir tout ce que je ne pourrais pas faire du Japon pour les deux ou trois mois à venir. Ce qui signifie envoyer mes films, et ceux de monsieur Toda, dans tous les festivals dont la deadline d'envoi est avant Mai. Il me faut également remplir deux dossiers de demande de bourse pour des courts-métrages, et deux autres dossiers pour mon documentaire au Japon.

  Mais d'ailleurs pourquoi ne pas le tourner maintenant me direz-vous ? (Allez, demandez-le moi ne soyez pas timides...) Parce que le temps n'est pas encore venu. Il me faut accumuler beaucoup plus d'éléments et de connaissances pour me lancer dans la réalisation de ce documentaire. Par contre je compte, en plus du film avec Monsieur Toda, réaliser un documentaire de 26 minutes sur Hiroshi Toda, plus un autre documentaire sur un sujet de société japonaise que le manque de temps ne m'a pas permis encore de trouver. C'est à dire qu'au gré de mes recherches et de mes déambulations, je compte emmener avec moi ma petite caméra DV et filmer sur le vif. Je pense me tourner pour cette fois plutôt vers les jeunes et la culture pop que je connais finalement beaucoup moins bien que le côté traditionnel. J'ai aussi un très bon ami au Japon qui est acteur et avec qui l'on s'est toujours promis de faire un film ensemble. Donc si j'ai le temps j'aimerais pouvoir tourner un court-métrage avec lui.
  Bon cela fait beaucoup de choses, et il est certain que je ne pourrais certainement pas tout accomplir, surtout que j'aimerais qui plus est réaliser un book photo, mais le mot d'ordre de ce voyage est épanouissement général : que ce soit de ma maitrise de la langue japonaise, aux techniques et à la sensibilité de ma réalisation... Le tout est de mener chaque projet à bien, est de bien le faire. Et pas de doutes que cela sera fait.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Dimanche 15 janvier 2006

  Tout d'abord qui est Monsieur Toda ? C'est un réalisateur indépendant japonais d'une cinquantaine d'année. Son travail principal est celui de gérant d'une clinique psychiatrique mais à côté de cela, passionné de cinéma depuis toujours mais freiné par son père, il a toujours réalisé des films et a jusqu'ici une quinzaine d'oeuvres à son actif. Tous ses films sont tournés soit en 8mm pour les plus anciens, soit en numérique pour les nouveaux, ce qui donne une grande sensibilité de l'instant à ses films. Jusqu'ici il exerçait sa passion surtout comme un loisir mais depuis trois ou quatre ans il compte vraiment se faire un nom.
  J'ai rencontré Hiroshi Toda au festival Asiexpo à Lyon en Novembre 2004. Je travaillais comme bénévole pour le festival, et ma principale mission était de m'occuper des invités : aller les chercher à l'aéroport, leur faire visiter la ville, les divertir, leur trouver des p... Monsieur Toda était venu pour présenter un de ses films, Snow in Spring, qui a d'ailleurs reçu le troisième public à la fin du festival. J'avais aussi présenter un court-métrage pour le festival : Tenshi to Akuma, et qui avait été diffusé au milieu d'une vingtaine d'autres courts-métrages japonais, coréens, chinois, indiens... Bref. J'ai passé deux jours avec Hiroshi Toda ainsi qu'avec son producteur Kengo Nishimoto, tout en étant accompagné par ma femme, Yuka Ishizu, qui s'occupait de faire l'interprète. 
 


  Il est difficile d'expliquer pourquoi nous nous sommes très vite liés Monsieur Toda et moi. Sans doute parce que nous partageons tous les deux une certaine vision d'un cinéma nouveau. Mais souvent au hasard des rencontres, un lien se crée puis s'estompe aussitôt qu'on se tourne le dos. Or au lendemain du festival je partais pour le Japon (et ceci n'est pas une expression car le festival finissait le 14 Novembre vers minuit, et je décollais pour le Japon le 15 Novembre vers midi) où je me rendais pour la première fois. Et au bout de quelques temps là-bas, j'ai revu Monsieur Toda et nous avons cimenté les bases de notre amitié très gestuelle, puisque lui ne parle ni anglais ni français et qu'à l'époque mon niveau de japonais n'était pas suffisant (et ne l'est pas assez encore aujourd'hui). A tel point que je l'ai invité, ainsi que monsieur Nishimoto, à venir à mon mariage au Japon en Avril 2005 et lui ai demandé de faire un discours. Car au Japon, les mariages sont ponctuées de nombreux discours présentant les jeunes mariés. Et si Yuka avait évidemment sa famille ou ses amis qui la connaissaient suffisament pour parler d'elle, ce n'était pas mon cas. Pour moi si une personne connaissait assez bien à la fois mon travail et ce que j'avais au fond de moi c'était bien Hiroshi Toda. Et c'est d'ailleurs durant son discours que j'ai appris qu'il prévoyait que l'on collabore ensemble.
  Quelques jours plus tard il m'a expliqué de quoi il s'agissait. Le travail qu'il m'a confié est (car toujours actuel) de m'occuper de sa communication et d'aider à le faire connaître en France. Je lui ai donc créé un site web : http://www.skeletonfilms.com , créé des affiches et des bandes-annonces pour ses films, envoyé ses films dans des festivals, contacter des distributeurs... Mon rôle est un peu celui de "producteur" (titre qu'ils m'ont donné et qui ne veut pas dire grand chose ici) car je représente monsieur Toda, parle en son nom et fait sa promotion, et puis j'ai aussi droit de donner mon opinion sur les films de monsieur Toda et de proposer des éléments à enlever ou rajouter. Bien sûr au final c'est monsieur Toda qui choisit, je ne fais que conseiller.

  Récemment NHK (chaine national japonaise) a souhaité faire un documentaire sur Monsieur Toda. Pour ses besoins ils m'ont demandé de m'auto-interviewer au sujet de monsieur Toda et de me filmer pour l'inclure au documentaire. Ils m'ont pressé pour avoir la cassette début décembre, car ils voulaient diffuser une version courte du documentaire (environ 10 minutes) à l'échelle régionale, mais ces salopiauds m'ont fait sauter au montage, ce qui est normal quand on pense que mon interview dure 3 minutes. Mais normalement je devrais être réintégré à la version finale qui sera diffusé vers le mois d'Avril.
  Voila quelle était jusqu'ici notre collaboration. Récemment nous avons franchi une nouvelle étape. Nous avons convenu que j'allais écrire un scénario et qu'il le réaliserait. J'espère d'ailleurs lui servir d'assistant-réalisateur à ce moment-là. Il est aussi question que je joue dans un de ses films, et peut-être est-ce que ce sera l'occasion de faire une pierre deux coups. Et de mon côté j'aimerais d'une part faire jouer Monsieur Toda dans un de mes films, et aussi réaliser un documentaire sur lui pour pouvoir le diffuser en France. J'aimerais d'ailleurs réaliser ce documentaire en parallèle de l'autre sur les l'identité japonaise, car comme je passerais sûrement pas mal de temps avec monsieur Toda pour cela, autant en profiter. Je ferais aussi part de l'avancée de ces projets dans ce blog.

+ d'éléments sur http://www.guillaumetauveron.com
 

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Dimanche 15 janvier 2006

  Je m'arrête en plein sprint pour vous faire un point sur la situation, paraphrasant ainsi mon propre titre. Tout d'abord non il ne s'agit pas d'un nouveau super héros haut en couleurs, simplement d'un français courant dans les montagne du Japon et ayant pris les vêtements qui lui tombait sous la main. Vous avez donc la magnifique casquette orange fluo que mon beau-père réserve pour ses compétitions de golf, le superbe marcel bleu cerclé de rouge datant des années 70 importés de France, et enfin des jambes fuselées mais poilues. Qu'est-ce cela à voir avec le documentaire ? Rien. Alors passons aux choses sérieuses.
  Faire un documentaire sur les japonais, l'idée est bien belle, la réaliser par contre est difficile. Tout d'abord l'intérêt d'un documentaire est qu'il soit vu, donc qu'il soit diffusé. Cela représente la dernière étape concrète mais cela représente pourtant le premier point sur lequel se pencher. Trouver un futur distributeur. J'ai eut la "chance" au travers de mes démarches de rencontrer un producteur à la fois sympathiques et peu frileux sur la conception de nouveaux projets. Son aide se ferait à de multiples niveaux. Tout d'abord (enfin tout dernièrement) diffuser le documentaire à la télévision lorsque celui-ci sera réalisé. Ensuite une aide à la production mais que l'on a pas encore défini. Ensuite avec son soutien comme société de production, j'espère obtenir une bourse d'aide à l'écriture du CNC qui me permettrait d'avoir une petite somme d'argent pour ne pas trop me soucier des choses matérielles et ainsi me concentrer sur mon documentaire. Et enfin son aide entre en compte pour le point suivant.

 (avec mon ami le Tengu)

  Même si quelqu'un souhaite diffuser le film il faut encore le réaliser. Et cela a un coût assez conséquent, surtout quand il s'agit du Japon. Il faut aller là-bas, payer un logement, payer les déplacements, la nourriture... Il faut donc rechercher l'aide de bourses et de subventions. J'ai trouvé l'aide parfaite, idéale et miraculeuse. Il s'agit de la Villa Kujoyama qui se trouve dans la montagne au-dessus de Kyoto. Cette villa appartient au gouvernement français, et chaque année une quinzaine d'artistes y sont envoyés pour réaliser un projet en rapport avec le Japon. Les projets peuvent aller de l'écriture d'un roman à la musique, en passant par l'audiovisuel et la chorégraphie... Obtenir une bourse pour cette villa implique que le voyage est payé, que l'on est logé, et que l'on a une subvention pour réaliser son projet. Disons que n'ai jamais rien espéré plus que de pouvoir vivre dans les montagnes du Japon pour me consacrer à la fois à la compréhension du Japon et pour travailler artistiquement. Je vous le dis tout de suite, je n'ai pas encore de réponse. Je viens d'envoyer le dossier de candidature et la réponse ne viendra malheureusement que vers Avril ou Mai. Un des points importants pour le dossier est d'avoir le soutien de structures et de professionnels. C'est pour ça que j'espère que le soutien de la société de production qui accompagne ce projet fera pencher la balance de mon côté. De plus (et cela nécessitera peut-être un chapitre entier) je travaille avec un ami japonais, Hiroshi TODA, qui est réalisateur, et qui m'a assuré de me fournir toute l'aide nécessaire pour ce documentaire. Non seulement il me fournira le matériel (caméra, station de montage...) mais m'aidera aussi dans mes recherches de sujets intéressants. Sa lettre ainsi que celle de son producteur ont été jointes au dossier, et j'espère qu'elles porteront leurs fruits. Je croise les doigts pour pouvoir partir dans cette villa car cela serait les conditions idéales pour réaliser ce documentaire.

 (avec mon ami Taguchisan et un farfadet à chapeau blanc)

  Sinon il existe aussi une bourse attribuée par la Fondation France Japonaise Sasakawa que je souhaite tenter. Mais si malgré tout je n'obtenais qu'une lettre pour me remercier de ma candidature tout en s'excusant de ne pas y faire suite, je partirais tout de même au Japon. Car au niveau de logement pas de problèmes, j'ai des connaissances dans une dizaine de villes différentes du Japon, dont principalement mes beaux-parents à Tokyo et le réalisateur Hiroshi Toda à Kyoto. Pour le reste je prendrais un job à mi-temps pour gagner de quoi vivoter et tourner parallèllement mon documentaire. Puisqu'il s'agit de mieux comprendre les japonais vivre et travailler aux côtés d'eux ne serait que bénéfique.  Je pense que quand on veut vraiment faire quelque chose on peut toujours y arriver. Dans bien des cas, quand on y parvient pas c'est parce que la volonté ou les efforts ne suivent pas. Je pense que je dois faire ce documentaire, il sera donc réalisé, quelle que soit la façon sans que cela soit au détriment de la qualité.
  Mais pour le moment je suis en stand by et j'attends les réponses. Je passe donc pas mal de temps à travailler le japonais, car il faudra que je sois en mesure de mener les interviews tout seul et de tout comprendre, je lis tout ce que je peux trouver sur le Japon (je vous ferais d'ailleurs peut-être profiter de mon guide de lectures un de ces blogs...), et je commence à rechercher des contacts. Et bien sûr à côté de celà je continue à chercher des fonds pour d'autres projets de courts-métrages ou à en réaliser avec les moyens du bord. Dans cette course effreinée qu'est la vie, jamais de pause, hormis pour vos beaux yeux, toujours en sprint...

+ d'éléments sur http://www.guillaumetauveron.com

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Dimanche 15 janvier 2006

 (Devinez où je suis ?...)

 Alors pourquoi ce blog et quels sont ses buts ? Mais tout d'abord je me dois de me présenter à vous qui, je l'espère, allez suivre mes "aventures" au cours des prochains mois. Top c'est parti. Je m'appelle Guillaume Tauveron, je suis originaire du pays des pneus, de l'eau minérale et de l'avarice et qui se nomme l'Auvergne pour des raisons que mon coeur ignore, et j'y persiste et j'y signe (comme on y dit par chez nous) puisque j'y vis encore actuellement. Mes passions sont l'art sous toutes ses formes et toutes les formes tant qu'elles sont gracieuses, et comme je suis de ces romantiques incensés qui ne peuvent diviser leur vie de leur passion, je fais tout pour en vivre (de mes passions... est-ce que vous suivez ?). Mais plus que tout j'aime le cinéma, la vidéo et la réalisation. Voici le premier point qui nous intéresse dans ce blog. Pour vous présenter brièvement mes états de service, j'ai réalisé jusqu'ici cinq courts-métrages et un petit documentaire qui m'amène au second point. Ce second point est, vous l'aurez deviné, le Japon. Pourquoi ? Oui mais pourquoi pas ? Disons que cela s'est imposé logiquement et simplement. A la recherche d'un style d'histoire différentes je suis tombé dans les mangas quand j'étais petit, qui m'ont amené au cinéma japonais (Kurosawa, Kitano, Imamura, Okamoto, Tsukamoto, Miike, Suzuki... et je m'excuse auprès de tous les autres que je n'ai pas la place de citer) qui m'a amené à la littérature japonaise (Kawabata, Mishima, Murakami, Banana, Yoshikawa...) qui m'a amené à l'histoire du Japon, à l'étude de la culture, à apprendre la langue, à épouser une japonaise... Et comment vivre de deux passions sans faire de jalouse ? Tout simplement en les unissant. C'est ainsi que j'ai d'ores et déjà réalisé un court-métrage entièrement en japonais, ainsi qu'un petit documentaire sur le Japon. Ces deux films sont téléchargeables sur mon site dont l'adresse sera divulgée plus bas.

 (Putain c'est X-or !)

  Mais maintenant je souhaite aller plus en avant dans ma compréhension du peuple japonais et pour cela j'ai décidé de réaliser un long documentaire (52 min) basé non pas sur la société japonaise mais sur les japonais en tant qu'individus. Et nous arrivons enfin aux buts de ce blog. Tout premièrement, vous faire part de toutes les étapes de la création de ce documentaire : de l'idée, à la recherche de budget, à la documentation, à la réalisation, au montage... tout jusqu'à sa diffusion. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la réalisation d'un documentaire sans jamais avoir osé le demander, sachant que j'apprendrais en même temps que vous puisque moi même je marche sur des sentiers inconnus, puisque ce sera mon premier long documentaire professionnel. Le second but est de vous faire mieux connaître le Japon. Je ne veux pas me placer en tant qu'expert du Japon, mais disons que je souhaite partager avec vous les connaissances que j'ai accumulés, et qui vont s'enrichir au fil des mois, sur ce pays relativement complexe. C'est donc un long chemin plein d'expériences qui va nous lier et qui nous assure de son lots de surprises, bonnes et mauvaises. Il s'agit d'une véritable aventure, que je considère plus excitante que tout réality show décérébré, et qui j'espère vous plaira. Merci donc de m'accompagner.
Guillaume Tauveron
http://www.guillaumetauveron.com

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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