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Mercredi 14 juin 2006

  Un deuxième jour ne s’est même pas écoulé qu’une seconde surprise encore inattendue vient me trouver.

  Il y a une douzaine d’années (putain je me fais vieux…)… Non je me répète pas, mais les deux époques correspondent, j’y suis pour rien… Bon allez changeons la forme, commençons par la conclusion dans un délire anarchiste. Aujourd’hui j’ai eut l’extrême honneur de trouver dans ma boite mail, un mail de MONSIEUR Jean-Pierre Dionnet ! Si vous pensez à Amélie Poulain c’est que vous pouvez allez réviser votre histoire du cinéma. Jean-Pierre Dionnet est Monsieur Cinéma de Quartier qui était diffusé sur canal + jusqu’à il y a quelques années. C’est également Monsieur Dionnet qui a fait découvrir à la France (et peut-être l’Europe) Takeshi Kitano, avant que celui-ci ne gagne le festival de Venise pour Hana-bi, et qui a découvert de nombreux autres talents cachés. Et Dionnet c'est aussi Métal Hurlant et Les Enfants du Rock.

  Jean-Pierre Dionnet est un barré de cinéma qui en mange du matin au soir depuis des décennies, et sa merveilleuse qualité est qu’il n’est pas un intellectuel prout-prout, il est quelqu’un qui aime tout type de cinéma si tant est qu’il y est quelque chose d’intéressant à l’intérieur, et qui donne sa chance à tous films, même s’il y a Steven Seagal dedans, même si le film s’appelle « Les brontosaures masqués qui venait du cosmos parallèle » ou « Maciste affronte Poséïdon aux jeux olympiques ». Evidemment le sieur Dionnet ne doit pas voir que des chefs d’œuvre, mais comment trouver la perle rare, l’ovni poétique, en rejetant des paniers entiers ?

  Chercheurs de nouveautés et d’originalités, épris du cinéma asiatique, n’ayant aucun à prioris… Qui d’autre que Monsieur Dionnet pourrait donner sa chance à un film nommé Sakura no kage, réalisé par deux inconnus avec que des acteurs inconnus (on a fait bien attention sur ce point là… sinon cela aurait été trop facile), avec un budget et des moyens insignifiants ? Ben sincèrement je ne vois pas. Je lui ai donc écrit, prévenant que le film n’était pas encore fini, mais que je préférais le contacter dès maintenant (car je pensais qu’il me faudrait plus d’une lettre pour l’intéresser). Je lui ai dit la même chose que dans cet article, que seul lui pouvait donner sa chance à un film de cette envergure, et qu’au moins, s’il me disait que ce film était une merde, ce serait l’avis d’un grand et non celui d’un faiseur d’argent.

  Je lui ai envoyé cette lettre la semaine dernière, et j’ai du m’asseoir quand j’ai vu aujoud’hui un mail portant le nom Dionnet dans l’adresse, puis quand j’ai vu qu’il l’avait rédigé lui-même j’ai du aller respirer des sels, mais comme j’en avais pas je me suis contenté de mes aisselles (c’est dingue ce qu’il fait chaud en ce moment. Il me faut un chausse-pied pour me décoller de mon fauteuil…). C’était une lettre courte mais sympathique, pour m’informer que le courant était passé, et qu’il attendait maintenant de voir le film. Du coup je suis devenu vraiment anxieux. Pour moi c’est une sommité, un véritable monstre de culture et de connaissances, que je regarde presque timidement dans les bonus de nombreux de DVD, et me voici sur le pas de sa porte, un film (presque) dans les mains, les couilles jouant des castagnettes… La vie est souvent chienne et intraitable mais elle sait se faire pardonner !

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Lundi 12 juin 2006

  Après cette récente pluie négative (caméra en panne, refus d’aides en série, éclatage de lèvre…) un petit arc-en-ciel a tout de même fini par voir le jour, et même s’il ne transforme pas ma vie actuelle, il a tout de même l’intérêt de l’illuminer.
  Surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Il y a une douzaine d’années (putain je me fais vieux…) j’avais découvert un groupe de musique nommé Elend. Il serait difficile d’étiqueter leur musique dans un genre particulier parce qu’elle s’est souvent renouvelé depuis et qu’Elend c’est Elend. Certains vous diront que c’est du gothico-black-metal mais je trouve ça très réducteur. Elend c’est Elend, point. Leur musique m’avait beaucoup inspiré à l’époque et je l’écoutais sans cesse durant la rédaction de mon roman Utopia (il faudrait d’ailleurs que je pense à lui donner un coup de jeune un de ces jours et en faire quelque chose, car j’ai tout de même passé cinq ans dessus et écrit plus de 300 pages…). Et puis la vie change avec les goûts et Elend a disparu de mon univers.
  Il y a à peu près un an, je me suis remis à écouter l’album que je possédais et cela m’a donné envie de découvrir ce qu’ils étaient devenus depuis. Leur musique a beaucoup évolué et elle est devenue plus mature, selon moi, plus profonde. Il n’a pas fallut longtemps pour que leur nouvelle musique m’inspire de nouvelles images. Je fonctionne toujours ainsi. Pour la rédaction d’un scénario j’ai besoin d’une musique (ou d’un groupe de musiques) représentant les sentiments liés à l’histoire, et sur laquelle je peux imaginer le montage de mon film. Et pour le prochain conte que je souhaite tourner : CONTE GRIS « Anagramme » il y a un morceau en particulier que je crève d’envie d’utiliser car j’ai déjà toute la fin du film montée sur cette musique dans ma tête, et je n’en veux pas d’autres. Seulement, si c’est pour être refusé dans les festivals pour n’avoir pas les autorisations nécessaires pour utiliser le morceau, cela ne vaut pas la peine. Donc je me suis forcé à oublier cette idée.
  Mais pour ceux qui lisent ce Blog depuis un certain temps, vous aurez compris que quand je veux quelque chose intensément, même si je recule un temps, je ne peux que revenir avec encore plus de détermination. Je me suis donc lancé il y a deux semaines. J’ai écrit à Elend en leur exposant mon projet, l’inspiration que me donne leur musique et ce que je souhaiterais en faire, tout en leur demandant de m’autoriser à l’utiliser gratuitement pour tout ce qui est festival et promotion, tant que je ne gagne pas d’argent en sommes, mais en cas d’achat par une télé ou pour un DVD je leur verserais évidemment la partie qui leur revient. Et puis une fois cette bouteille à la mer lancée, je l’ai presque oubliée aussitôt car je me suis dit qu’ils devaient avoir autre chose à foutre que d’écouter un lointain Auvergnat (surtout que le groupe est installé en Autriche).
  Et puis hier je m’apprête à effacer un SPAM sans le regarder (car j’en reçois dix par jours) quand je me rends soudain compte que le titre du SPAM ne parle ni de viagra, ni de trouble de l’érection, ni d’argent facile, mais qu’il contient le titre du morceau que j’aime tant. A une seconde près je frisais le drame… J’ouvre donc le mail en pensant trouver des insultes en Autrichien mais le texte est en français. Je savais que quelques membres étaient français mais j’avais préféré assurer en écrivant en anglais car je ne savais pas qui allait me lire. Bref… Je relis le mail deux ou trois pour en croire mes yeux. Le mail est extrêmement sympathique, et long qui plus, et surtout il m’informe qu’ils comprennent ma situation, et accèdent avec plaisir à ma requête.
  Incroyablement compréhensifs et abordables, ils ont de par ce simple fait donner un peu plus de magie à ce projet que je suis en train de construire. Je profite donc de ce Blog pour les remercier à nouveau de m’avoir écouté et de croire en moi. 

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Jeudi 8 juin 2006

  Je ne m’attarderais pas sur le fait que la troisième et dernière bourse sur laquelle je comptais, vient encore de me passer sous le nez…

  Aujourd’hui à l’entraînement de boxe, un nouvel homme que je ne connaissais pas s’occupe de nous. Il est jeune, dynamique et plutôt sympa. Et puis l’entraînement qu’il nous fait subir a le mérite d’être intensif. Au bout d’une heure il dit subitement : « vos protèges-dents ». Je me dis que j’ai du mal entendre, mais quand je vois les autres s’armer de leur dentier en plastique, je suis obligé d’avouer que malheureusement mes oreilles fonctionnent bien. Sans aucune protection, puisque je n’ai pas de protège dents et qu’il ne semble pas être partisan du porte casque, et compte tenu de mon inexpérience je suis moyennement chaud. Mais j’y vais quand même. On se bat pendant 5 minutes avec un partenaire, évitant de porter les coups, cherchant juste à toucher, puis on passe à un autre. Dans ces conditions là cela reste fun, même si j’ai aucune technique et que je suis plus obligé de bourrer que de feinter.

  Je change deux fois de partenaire et puis soudain notre nouvel homme, que nous nommerons Momo, passe dans le ring et demande à chacun de passer contre lui. Et là son regard change du tout au tout. C’est un vrai guerrier qui se réveille. Et le fait que ses adversaires n’aient que peu d’expériences et qu’ils ne portent pas de casque ne semble pas l’émouvoir. Il ouvre la pommette du premier, éclate le nez du deuxième qui se met à pisser le sang et s’est « enfin » mon tour. C’est dans ces moments là où je me demande pourquoi il faut toujours que je cherche à me fourrer dans des situations compliquées. Là je n’ai plus le choix, il faut que je lui avoue et que j’avoue au monde entier mon TERRIBLE SECRET que j’ai tenté de cacher durant ces deux dernières années… Je porte un appareil-dentaire ! Donc je le lui dévoile, précisant que qui plus est je n’ai pas de protège-dents et il me dit de pas m’inquiéter. Ouais. Ben je me rappelle que c’est ce qu’il a dit aux autres.

  Je me met donc à tourner autour de lui. Ma stratégie est claire : esquiver, puis esquiver, et enfin au moment opportun… esquiver ! Car il a des années d’expérience contre moi et surtout le moindre mauvais coup risque de m’arracher les lèvres. Heureusement il se la joue soft. Je tourne donc autour de lui puis PAF un dans le nez. Une douleur métallique m’envahit et se dissipe aussitôt. Il a retenu son coup. Pas de sang à l’horizon. On continue. Le second me part dans l’œil mais ça va encore. Et vient « enfin » celui que je redoutais tant. Il m’allonge un direct en pleine bouche. A l’intérieur ma lèvre supérieure se déchire sur le métal. Le sang coule dans ma bouche. J’ai une furieuse envie de me mettre sérieusement dans le combat et de lui en allonger quelques unes pour lui apprendre à écouter ce qu’on lui dit. Mais à ce jeu je suis sûr de finir avec les lèvres en charpie si je l’énerve. Je prends donc mon mal en patience. Le bye bye à l’appareil est dans deux mois, on verra à ce moment-là. Je finis le round en évitant comme je peux ses coups et en me protégeant. J’essaie bien de lui mettre quelques coups mais c’est ouvrir ma garde et je préfère ne pas trop m’y risquer.

  Le round suivant il allume l’œil d’une fille qui verra trouble durant toute la fin de l’entraînement…Cette première expérience d’affrontement a été assez frustrante puisque je ne possédais aucune des conditions nécessaires pour rendre le combat intéressant. Mais c’était quand même bien de se prendre deux ou trois coups (même retenus) pour voir ce que cela fait. Et puis c’était curieux de voir comme la peur se même à l’excitation. La peur de recevoir un mauvais coup, de voir son propre sang, mais aussi l’excitation de parvenir à rentrer dans la garde de l’autre, de le mener… Je ne sais pas combien de temps je pratiquerais ce sport de malade mentale, mais pour le moment j’en ai réellement besoin. Je commence à peine à comprendre ce que c’est réellement que d’être boxeur, et j’ai besoin de plus d’expérience avant de continuer dans l’écriture du scénario sur lequel je suis travaille. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le Cinéma !

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Samedi 3 juin 2006

  Je suis tombé par hasard in extremis sans me faire trop mal sur l’énoncé d’un concours de très court-métrage dont la limite est demain minuit. Il s’agit d’un concours organisé par la MACIF et concernant la prévention routière et des accidents domestiques. Il faut réaliser un film entre 20 et 90 secondes sur ce thème et l’envoyer par internet. Il y a deux catégories : films vidéo et films en flash. Même si je n’ai plus ma caméra semi-pro, il me reste ma petite caméra qui m’a accompagné durant mes anciennes réalisations.

  Cette fois pas besoin de faire la corde à sauter, les idées viennent tout de suite. Je prends mon téléphone et appelle l’ami Vincent, lui expose brièvement le pourquoi du comment allez-vous, et il est aussitôt partant.

  Vincent arrive en fin d’après-midi ce de samedi et en attendant que la nuit tombe pour commencer le tournage, on se prend quelques apéritifs, puis on tombe une bouteille de vin durant le repas. Voici une bonne mise en jambes pour le thème que j’ai choisit : l’alcool au volant. Si les flics nous ramassent tout à l’heure, je ne sais pas s’ils croiront que nous sommes en mission pour la sécurité routière…

 (en cas d'accident...)

 

  Il fait nuit. Pour la première scène on débouche une seconde bouteille. Les prises se multiplient et en à peine cinq minutes le néant emplit la bouteille et mes semelles sont en barbe à papa. Bon ben c’est pas tout ça, mais maintenant faut qu’on sorte.

  Nous avons deux spectatrices intérimaires ce soir. Elles ont choisit depuis quelques temps le coin de ma rue pour étaler leur marchandise consommable sur place ou à emporter. Il suffit que je tourne une scène pour que l’une ait disparue. Seconde scène tournée, la seconde est partie à son tour. Et avant la fin de la troisième scène, elles sont revenues stationner au même endroit. Durant les deux, trois heures que dure notre manège avec Vincent (je le filme marchant, conduisant, fumant, délirant, écrasant, mourant…) elles ont eut le temps de faire chacune une demi-douzaine d’expéditions en voiture. Et quand on rentre enfin chez moi, le tournage achevé, sur les coups d’une heure du matin, elles sont toujours en place, impassibles, imperturbables, inappréciée. On est loin du conte de fée de Pretty woman. Je suis quand même étonnée qu’elle ne soit pas encore partie en Allemagne car la coupe du monde va bientôt commencer… ah triste réalité que celle de ce plus vieux métier du monde et qui sera sans doute également le dernier.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Vendredi 2 juin 2006

Comme je le craignais ma caméra ne peut pas être réparée à Clermont-Ferrand. Il faut qu’elle soit envoyée à Paris. Dans le meilleur des cas elle me revient dans trois semaines. S’ils n’ont pas immédiatement la pièce nécessaire pour la réparer et qu’ils doivent la commander… je n’ose même pas imaginer combien de temps cela peut prendre. Et je n’ai toujours pas eut de devis. Je n’ai aucune idée de ce que cela va coûter mais cela risque de ne pas être top folichon… Donc grosse déprimer à bord du bâteau Tauveron. Sans ma caméra je suis comme un CRS sans sa matraque, comme Chirac sans ses bourdes, comme Sarkozy sans les médias, c'est-à-dire rien !

(La déchéance sans ma caméra) 

 J’hésitais entre soit écrire tous les contes d’un coup et enchaîner les tournages, soit écrire un conte puis le tourner avant de commencer l’écriture d’un autre… On dirait qu’on a choisit pour moi. Je vais donc « profiter » de cette période pour rédiger et préparer tous les contes. Cela donnera plus de cohérence à l’ensemble.

  A propos de cohérence, comme j’ai utilisé pour le CONTE VERT, la musique de mon ami Michel Deneuve, j’ai discuté avec lui de mon projet de séries de contes. Comme sa musique est particulièrement étrange, fantastique et merveilleusement originale, cela correspond tout à effet à l’univers musicale que je recherche, et je souhaiterais utiliser ses musiques dans tous les contes. Et il m’a donné le feu vert pour illustrer mes images avec sa composition. Donc je suis d’autant plus enthousiasmé par ce projet.

  Michel Deneuve joue du Cristal un instrument extrêmement rare. Cet orgue est constitué de nombreuses tiges de cristal de tailles et diamètres différents, et que l’on fait vibrer en glissant des mains humidifiées dessus. Et quand cette originalité sonore s’allie au génie visionnaire de Michel, cela donne des œuvres sublimes. Pour tout savoir sur Michel Deneuve : www.micheldeneuve.com

  Mon plus grand souhait est d’obtenir à l’avenir un budget suffisamment conséquent pour un long-métrage, afin que je puisse commander une musique originale à Michel. Depuis notre première collaboration sur Katremille Cinsenvintedeu cela a toujours été ma volonté. Mais pour le moment, j’attends avec impatience d’autres musiques qu’il a composé et doit me faire parvenir dans les jours à venir.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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