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Samedi 11 mars 2006

  Aujourd’hui c’est avec la plus grande joie érectile que Toda et moi nous attaquons au montage. L’écriture d’un scénario, bien que nécessitant d’intenses émotions est une partie calme, puis l’étape de la réalisation nécessitant de multiples aspects, le plaisir et l’excitation vont de paire avec le stress et la fatigue. Seule l’étape du montage est purement enthousiasmante, où l’on s’éclate à réunifier un puzzle à choix multiples. 

  Ce que je vois aujourd’hui me réconforte. Je ne suis pas Al Pacino mais je ne suis pas Steven Seagal. Je laisse le soin à Toda de choisir quelles scènes sont les mieux jouées en japonais et moi pour celles en français. Etonnamment je ne parle quasiment pas en français à part « Bonjour » et « Pourquoi ? » entre lesquels se glissent un « Putain d’enfoiré »… Tous les dialogues en français sont assumés par Yukako qui parle réellement français et dont le personnage use et abuse au plus grand désarroi du mien qui refuse de lui répondre en français. 

  Et puis tout à coup, en plein montage, PAF PASTEQUE ! Le logiciel bug sans avoir la décence de prévenir et nous plante une bonne heure de travail où tout à notre enthousiasme on n’avait pas pensé à sauver. On fait deux trois prises de karaté en l’air et on recommence sans trop se plaindre. 

   Le temps passe incroyablement vite, lui non plus sans prévenir (je vous parle d’un monde !), et il est déjà l’heure d’aller tuer quatre personnes. Avec toutes celles que j’ai tué depuis dix jour je ne suis plus à ça près. C’est donc parti pour la boucherie. Toutes les victimes sont des infirmiers travaillant avec Toda et une autre personne que je n’ai pas l’occasion d’assassiner est une patiente de Toda, Yuka-chan. Pendant ce temps, de nombreux autres patients assistent à la scène, silencieux et attentifs. Le montage aussi a lieu à l’étage de la clinique de Toda. C’est décidément un étrange studio, peuplé de personnages fantomatiques dans une ambiance enfumée. La plupart établissent un contact avec moi mais certains en sont incapables. 

  Le carnage terminé, on se rejette en courant sur le montage. On s’est décidé pour finir le montage avant que je parte le 15 Mars au soir. Ce soir on a décidé de travailler jusqu’à deux heures du matin et j’écris pendant que l’ordinateur calcule. Encore peu de sommeil pour les jours à venir mais pourquoi en vouloir plus ?

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Samedi 11 mars 2006

  Le tournage et ses multiples à côtés ayant remplit les jours précédents du matin jusqu’à des heures avancées de la nuit, je ne peux reprendre que maintenant l’écriture de ce blog. 

  L’ensemble de cette aventure a été si dense et si intense qu’il me semble être parti plusieurs mois alors que cela ne fait que 10 jours. Les évènements, les expériences et les rencontres se sont multipliées à un rythme surhumain mais ennivrant. MEGURO Yukako qui avait joué dans le précédent film de Toda, September Steps, nous a rejoint. C’est la seule de toute l’équipe à être une actrice professionnelle. Okayama a aussi fait un peu de théâtre mais pour elle il s’agit de son métier, du coup on lui en demande forcément plus qu’aux autres mais elle s’en sort parfaitement et avec talent !   

  Quant à mon propre jeu, je n’ai pas encore eut l’occasion de voir les scènes que j’ai tourné. Je n’ai plus qu’à espérer que je n’étais pas mauvais. La seule chose que je sais est qu’au bout de quelques heures de tournage, j’ai fini par rentrer totalement dans la peau du personnage, au point d’avoir du mal à me mêler à l’équipe par la suite, préférant m’isoler pour rester dans la solitude et la froideur du personnage. L’avant dernier jour de tournage était complexe puisque ayant décidé de faire un film quasi sans paroles, et comme il fallait tout exprimer par les expressions. Je m’isolais, écoutait la musique m’inspirant pour l’atmosphère du personnage, mais au moment de jouer, forcément il y a plein d’indications qu’on vous donne, puis le STARTO est crié avant d’avoir repris sa concentration. Je ne sais donc pas ce que ça a donné finalement, entre toute la tristesse que je faisais monter sur mon visage, puis partait revenait, partait, revenait… et cela pendant près de trois heures, je ne sais pas quel visage s’affiche à l’écran… Peut-être que j’ai un visage à la double-face peint par un Picasso sous amphétamines… 

  Mais le plus dur pour se concentrer, était ce putain de bonze dans le temple voisin qui s’est mis à faire des gammes de taiko (énorme tambour). En même temps ça rythmait l’action mais j’avais plus des images de bonze cloué à son taiko en tête que des images tristes. On finit par attendre qu’il se calme en discutant et tout à coup le son se double. Est-ce la fin qui me fait avoir des illusions sonores ? Surgi de nulle part un second bonze et son apprenti en file indienne, tout deux disposant d’un petit tambour portatif, tapant dedans en psalmodiant des chants religieux. Il y a un grand dome à côté de l’endroit où l’on tourne. Ils en font le tour, s’arrêtant au nord, à l’ouest, au sud, et à l’est en le saluant, ils sont revenus à leur point de départ, ils vont partir ?... Et ils repartent pour un autre tour, tambourinant et chantant à n’en plus pouvoir, du moins moi au bout de leur quatrième tour je n’en peux plus et je suis prêt à faire passer mon personnage de tueur de la fiction à la réalité. Mais ils s’en vont. Et tout d’un coup le silence, magnifique, parfait ! Peut-être que le taiko de l’autre bonze s’est décroché et qu’il étouffe actuellement en dessous, mais en tout cas plus un bruit. Acteurs et caméra en place, c’est parti pour tourner… BOUM BOUM ahhhhhhh ahhhhhhhh ! Bon on a plus de patience, on les laisse continuer à faire les guignols et on s’en va. De toute façon on a tout en boite. 

  Puis le lendemain après quelques scènes on repart pur Kyôto. Le temps est à l’image de notre humeur, gris et triste de voir s’achever le tournage où on a pris tant de plaisir et de dire au revoir à toutes ces personnes à qui on s’est attaché. Durant le trajet de retour je piaille 3 heures sans discontinuer avec Yoko qui est toujours de plus en plus surprenante. Pourquoi ne suis-je pas surpris qu’elle adore les serpents, le comics X-men, et tout un tas d’autres choses qui la rende inclassable ? A la richesse excentrique de son intérieur, s’ajoute l’extraordinaire lever de soleil qu’elle offre lorsque son visage glacé s’illumine subitement d’un sourire à la sincérité désarmante avant de mourir aussitôt dans un crépuscule plein de regret pour son observateur.   On arrive finalement à Kyôto. Je retrouve le même hôtel qu’avant de partir mais sans pouvoir le reconnaître. Le sentiment est terrifiant et excitant à la fois…

 PHOTOS TOURNAGE FUKUI 

 

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Mardi 7 mars 2006

  En me réveillant ce matin, je trouve plein de marques rouges profondes sur mon corps. Ais-je été abusé durant mon sommeil par une diablesse ? Que neni. C’est que j’ai fait le mariole la veille à me jeter dans tous les sens pour échapper la fausse mort filmée qui m’était destinée, et dans le feu de l’action je n’ai même pas senti la moindre pichenette de Teletubbies. En plus, comme hier on a visité de vieilles maisons japonaises, et que disons le sans détour, il y a quelques génération seule la couleur différenciait les japonais des schtroumphes, je me suis sincèrement éclaté la tête, et je met un certain temps à me rappeler pourquoi j’ai mal au crâne… 

  M’étant levé suffisamment tôt, je pratique ma ½ heure de musculation quotidienne en soufflant comme un veau dans ma chambre aussi étroite qu’un cul de bigote, et peux même courir une petite demi-heure. Jouant un rôle de tueur, la forme physique est la moindre des choses, et cela fait un mois que je pratique sport et régime intensément sans faire trop d’entorses, ce qui ne serait pas pratique pour courir… En revenant je partage l’ascenseur avec deux femmes de ménage et je me colle à la paroi pour ne pas leur faire profiter de mon odeur de barbare. 

  Dans la douche je m’invente un jeu rigolo. Certains y emmènent un canard, d’autres un bateau, quelques uns un partenaire sexuel, mais moi c’est ma lessive. Etant impossible de trouver le moindre temps pour aller la laverie, je me la joue blanchisseuse amateur. 

  Moins drôle est le programme de toute la journée. Je suis dans toutes les scènes, et si hier il m’avait été facile de jouer aujourd’hui c’est une autre paire de manches (si quelqu’un a retrouver l’ancienne paire qu’il me le fasse savoir). J’accumule les dialogues en japonais, ce qui n’est pas naturel pour moi, mais il faut que je rende ces dialogues naturels et en adéquation avec le caractère de mon personnage. Les prises s’accumulent et je me fais du soucis. 

  Entre deux prises, je demande à Yoko ce qu’elle a fait hier soir. Elle a regardé la télé. Quoi ? Evidemment faut encore qu’elle se fasse remarquer, et me répond sereinement qu’elle a regardé l’émission K-1. En gros, plein de pratiquants d’arts martiaux divers se tapent sur la gueule sans aucune règle et c’est celui qui pisse le moins le sang qui a gagné. Poussant le jeu je lui demande si elle aimerait faire un sport de combat et faire des matchs, et la réponse est définitivement oui. Tu parles d’une poupée inoffensive ! 

  A 6 heures de l’après-midi tout le monde part faire une pause. Toda et moi nous retrouvons pour un tête à tête amoureux dans sa chambre où nous matons sans aucune honte les prises de la journée et je suis soulagé de voir que mes scènes sont sans problèmes utilisables et vraiment pas si mal que ça, ceci étant dit sans modestie. Puis on discute des changements du scénario, on fait un brainstorming, chacun sortant des idées et rebondissant sur celles de l’autre. J’avoue qu’au départ j’aurais souhaité profiter de cette pause pour faire une courte sieste et rattraper mon sommeil manquant, mais finalement cette créativité forcenée s’avère encore plus vivifiante. 

  On embraye sur une scène qui se passe dans un restaurant et que l’on tourne en un seul plan-séquence mais aux prises multiplement répétés, et tandis que je m’enfile une bouteille de Saké, Yamada s’enfile 5 assiettes d’Udon (grosses nouilles pâteuses). Mais la scène est vraiment fun. On est 4, on a tous notre rôle et nos réactions attitrées et c’est très intéressant à jouer. Pendant ce temps deux caméras tournent. Celle de Toda et celle d’un réalisateur de NHK qui fait un documentaire sur Toda et filme notre collaboration. J’espère toujours recevoir des petites culottes dédicacées de mes fans japonaises après diffusion de ce documentaire. 

  Et puis une heure du matin passé, il est grand temps d’aller se coucher et de se taper un article de BLOG avant…

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Lundi 6 mars 2006

  Tant de choses aujourd’hui que j’ai l’impression d’avoir vécu une double journée. Dès le matin après avoir embarqué dans la voiture de Toda avec Yoko, on s’élance vers la ville de Fukui. Ce simple voyage se transforme en tournage lorsque l’on s’arrête au bord de la mer pour tourner quelques scènes. Jusqu’ici les scènes n’avaient nécessité que très peu de jeu voire pas du tout mais aujourd’hui cela devient plus complexe. Comme je ne suis pas vraiment acteur, pour citer Simon Jérémy, je ne sais pas quels trucs ils utilisent pour rentrer dans leur personnage. Tout ce que je sais est qu’en écrivant mon personnage, ainsi que tout le scénario, j’écoutais des morceaux de piano précédemment cités. J’ai donc remplit mon lecteur MP3 de ces dits morceaux et les écoutes entre deux prises pour rentrer dans le personnage et ça marche assez bien. Sans doute me faudra-t-il plus d’exercice pour rentrer totalement dans le rôle. 

  La route reprise on passe par la grande plaine où a eut lieu la dantesque bataille de Sekigahara au pied de la montagne Ibuki. Pour ceux qui ne le sauraient pas, cette bataille confrontant deux galvanisations de daimyos et de leurs armées, a vu au bout de 24 heures de luttes sanglantes la victoire du clan Tokugawa qui régna par la suite durant près de trois siècles sur le Japon et en fermèrent les portes au reste du monde. Je m’imagine des milliers de samouraïs combattant dans la plaine, dans les forêts et les montagnes avoisinantes, leur sang tapissant le sol et les arbres en un tableau monochrome. Toda m’apprend également que cette région que nous traversons, était du temps d’Edo, le lieu principal où l’on fabriquait des katanas. Aujourd’hui cela reste encore un lieu fameux pour la confection des couteaux et des katanas de collection. Mais surtout cette région est connue pour la construction de structure de lunettes. C’est ici que 80% de la production mondiale de lunettes est faites. Le design est crée ailleurs, mais la translation du monde des idées au monde concret se fait ici. 

  A peine arrivé à Fukui on se rend chez Monsieur Okayama qui non seulement joue un rôle important dans le film, mais nous prête également sa propriété ainsi que sa voiture pour le tournage. Toda n’a cessé de me répéter que Okayama San est un Okanemochi, ce qui veut dire qu’il a vraiment beaucoup d’argent. Et à la vue de la maison, il est vrai qu’elle est extraordinaire. Mais à la vue du bonhomme, impossible de s’en douter. Vêtu très simplement, à la fois gentil et ouvert, sans aucune prétention, on ne peut pas se douter de la fortune qui se cache derrière son sourire chaleureux. Mais ce qui me ravi le plus, est qu’une des pièces de sa maison est presque en tout point semblable à celle que j’avais imaginé en écrivant le scénario. Sans compter plein d’autres détails non prévus mais qui feront des merveilles à l’écran. 

  Nouvel hôtel. J’attends avec impatience de savoir si ma chambre sera côte à côte avec celle de Yoko. Non pas pour lui rendre une visite nocturne, mais parce l’on va utiliser ce même hôtel dans le film et que la chambre de mon personnage et celui de son personnage doivent être proches. Finalement sa chambre est juste en face de la mienne et c’est encore mieux que si elle avait été à côté. En cas de doute, Toda est dans la chambre à côté de moi et on peut tout aussi bien utiliser sa chambre. Voilà qui est parfait ! 

  Après le dîner du soir un brin tôt, on retrouve au Cinéma Métro où travaille Yamada Shoji, présent dans tous les derniers films de Toda et également acteur dans notre film, une quinzaine de personnes. Devant attendre la fin de la projection du film projeté au public, la Grande Evason , afin de pouvoir tourner à l’intérieur du cinéma, je discute pendant près de trois heures avec toute une horde de japonais très éclectiques. J’y rencontre le parfait stéréotype de l’otaku, avec de touts petits yeux réfugiés derrière des lunettes, une petite moustache à moitié imberbe, une élocution laissant à désirer, me parlant rapidement de dessin-animé tel que Gundam, Evangelion ou Goldorak. Un autre que je ne nommerais pour son intimité m’explique qu’il est en liberté conditionnelle. Pourquoi ? Je n’ose pas lui demander. Cela ne me regarde pas. Si un jour il souhaite me le raconter tant mieux, sinon en attendant il est très sympathique et j’aime sa personnalité mêlant extravagance et timidité. Je discute également beaucoup avec Okayama San qui nous a rejoint. Ce vieil homme de 67 ans est vraiment très intéressant, mais comme me l’a expliqué Toda, c’est un cœur solitaire, que la richesse a du rendre encore plus isolé… Au sein de cette ambiance générale et de toutes ces rencontres, je comprends définitivement que je veux habiter au Japon. Je ne peux plus faire machine arrière. Mon avenir est ici, ou du moins une certaine partie et je ne peux ni ne veux faire autrement. Au risque de me répéter, je suis ici chez moi ! 

  Le film est enfin fini. C’est notre tour d’entrer en scène. La scène de ce soir est assez difficile à jouer et il y a tant de monde pour me voir jouer que c’est trop pour m’en soucier. Je me concentre donc uniquement sur ce que j’ai à faire. Alors que je me fais étrangler, que je me débat pour survivre et que je pointe mon pistolet sur le salaud qui m’a agressé, un sentiment jamais éprouvé jusqu’alors se produit. Pendant un court laps de temps Guillaume a totalement disparu de la surface du globe. Je ne suis plus que Pierre, furieux face à cet homme qui a tenté de me tuer et que je souhaite tuer en retour. Le sentiment est incroyable est encore un peu trop vif pour en parler, mais il me faut presque une demi-heure pour en redescendre une fois le tournage achevé. 

  Le scénario nécessitant des changements pour cause de non faisabilité, je quitte tout le monde et part errer dans les rues, mon walkman dans les oreilles. Les idées affluent, je retrouve finalement quelques membres dînant plus que tardivement dans un restau chinois mais j’ai du mal à me mêler à tout le monde alors qu’avant c’était si facile. J’ai le cul entre deux personnages et je ne peux abandonner ni l’un ni l’autre car tous les deux me sont essentiels pour ce projet. J’accommode Pierre et Guillaume comme je le peux et rentre finalement à 1h du matin. Bonne journée !

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Dimanche 5 mars 2006

  Petit dej, poisson halluciné, Toda, Yoko… Et me voilà à nouveau en train de courir. Cela me manquait, cela faisait au moins dix heures que j’avais pas fait de jogging. Au passage je me prends un insecte dans l’œil, me glace les fesses sur des pierres mouillées, et manque me prendre un pigeon dans la gueule. Yoko est toujours aussi stoïque mais de plus en plus expansive. Quand je lui demande quel genre de musique elle aime je m’attends à ce qu’elle me réponde du trash-metal-death mais elle part directe en sens inverse et me parle des oldies et notamment Olivia Newton-John. Décidément impossible de lui épingler une rassurante étiquette ! 

  Les scènes de Yoko sont finies pour aujourd’hui. Bye bye Yoko, à demain. On se rend à la clinique qui est maintenant comme une seconde maison pour moi en attendant qu’elle devienne ma maison définitive. Sone est dehors. En me voyant dans la voiture son visage s’illumine. Je suis à peine sortit qu’il m’a mit le grappin dessus. Il se marre parce qu’il appris que je l’ai pris en photo en train de ronfler. Mais comme il l’a annoncé à tout le monde depuis hier, je suis son best friend donc pas de problème. Il m’invite même à prendre autant de photos de lui que je le souhaite. 

  Deux infirmiers de la clinique de Toda se joignent à nous. L’un pour jouer un petit rôle, et l’une comme assistante. Toda a pour coutume d’utiliser les membres de son équipe psychiatrique dans ses films, ce qui explique mon impression de déjà vue en les rencontrant pour la première fois. Et Yoko ne fais pas exception à la règle puisqu’elle travaillait jusqu’à peu dans la clinique de Toda. 

  Quelques scènes sont tournées, mais pas celles initialement prévues, celles-ci on les tournera dans quelques jours. J’avoue qu’organiser un tournage avec Toda est à s’arracher les cheveux, et comme il travaille souvent avec lui-même cela explique sûrement sa coupe de non-cheveux. J’ai beau tenter d’organiser au mieux le planning de tournage, ça part dans tous les sens. Je n’oublie pas que Toda doit se partager avec son travail à la clinique et qu’il faut s’adapter en fonction de cela, mais il est quand même bordélique, et comme la seule scripte que l’on a est barbue et porte le doux nom de Guillaume Tauveron, avec le jeu d’acteur et la co-réalisation, et l’assistanat de direction, car il n’a pas d’assistant non plus, je ne sais plus où donner de la casquette. A Kyôto on a plein de temps et peu de scènes à tourner donc il n’y à pas de quoi s’inquiéter. Par contre dès demain on part pour Fukui où l’on a que 4 jours pour réaliser presque les 2/3 du film et sans organisation je ne vois pas comment on va s’en sortir. Heureusement sur place, on doit retrouver d’autres membres de l’équipe technique, dont une assistante de réalisation, et j’espère qu’on arrivera à s’en sortir. Il n’y a rien que je déteste plus que d’abandonner une scène faute de temps !

 PHOTOS 4 MARS 

 

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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