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Dimanche 7 mai 2006

  J'ai travaillé jusqu'à une heure du mat' hier soir plus toute la matinée d'aujourd'hui afin de livrer une présentation qui a de la gueule pour Sakura no kage.  Car l'heure du montage finale se rapprochant, il faut que je sois prêt à lancer mon attaque sur les distributeurs et les médias. Donc je viens de me construire dès à présent une arme offensive afin de conquérir le plus de terrain possible. Je me suis toujours promis de lire "l'art de la guerre" de Sun Tsu (à ne pas confondre avec le pitoyable film de Wesley Snipes) et il faut absolument que je le fasse. Ses stratégies sont utilisées autant en communication qu'en politique et nulle doute que Sarkozy le connaît sur les bouts de ces affreux doigts. 

  Bref... Accès au site ici : http://www.guillaumetauveron.com/sakura_no_kage.htm

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Samedi 6 mai 2006

  Après cinq mois d’un suspense haletant, voici la réponse tant non attendue pour ma demande de bourse par la villa Kujoyama : « … remercie… malgré… regret… vous prions… »… Pas le peine de vous faire un dessin, vous avez tous reçu ce type de lettre identiques à quelques mots près, qui utilise bien des ambages pour finalement ne faire que citer Monsieur Poulpe : « dans ton cul ! ». (Ici le site du très distingué Monsieur Poulpe : http://www.jolipoulpy.com). Reste encore à attendre la réponse de la fondation Sasakawa qui devrait également arriver d’ici quelques jours, en espérant qu’elle ait une meilleure gueule que celle de Kujoyama, sinon autant qu’elle reste où elle est.

  Ah la la, c’est pas facile de trouver un budget et de monter des projets. C’est un métier qui vous fait souffrir de kangourouïte aigu, devant sans cesse rebondir à tout bout de champs et surtout sans perdre de temps sous peine de se faire truffer le fion de plomb par un Australien bourré (comment ça ma métaphore est partie en couille ?). Je suis donc en train de préparer un stage de descente en apnée sans projet de remontée, et un autre de saut en parachute avec une enclume dans les bras… Evidemment je plaisante, la route sera moins facile que ce que j’espérais mais ça n’en sera que plus excitant. Ah aventure aventure quand tu nous tiens. Enfin si vous voulez m’envoyez des messages de condoléances sur mon livre d’or c’est le moment où jamais de me donner un petit coup de punch (avec beaucoup de rhum dedans) car beaucoup de personnes suivent ce blog et je serais heureux de faire votre connaissance.

  Et enfin je ne peux m'empêcher de vous faire partager l'affiche crée admirablement par monsieur Antoine Revel-Mouroz pour Papa ours était en colère.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Jeudi 4 mai 2006

  Plus que quelques jours avant de savoir si j’obtiendrais les bourses devant m’aider à réaliser mon docu sur le Japon, donc autant vous dire que les miennes sont contractées.

  Pour penser donc à autre chose, rien de tel que la réalisation d’un petit court-métrage. Le titre est tombé brutalement il y n’y a pas cinq minutes : Macédoine. J’aime bien ce genre de titre qui ne veut rien dire et qui exprime plein de choses à la fois si tant est qu’on se donne la peine de se creuser les méninges.

(Vieille gueule de lendemain de fiesta)

  Je devrais retrouver mes acteurs d’ici quelques jours afin de leur faire part de ce que je compte leur faire subir et savoir si j’ai leur assentiment. Mais qu’ils se rassurent, 95% du ridicule sera assumé par moi-même. Pourtant je souhaiterais parvenir à mettre une certaine distanciation avec le grotesque et l’absurde du film afin que cela soit drôle d’un certain point de vue, mais triste ou cruel d’un autre point de vue. A lire comme ça, cela ne veut sans doute rien dire. Sûrement parce que le film et son concept sont encore à l’état de macédoine dans ma tête. Donc laissons ça mariner un peu plus.

  Sinon, petite nouvelle sympa, aujourd’hui le téléphone sonne, je vais répondre en m’attendant à un autre de ces sondages téléphoniques à la con qui me donnent envie de me foutre sur la liste rouge sans prendre ma carte du parti, mais en fait non. Il s’agit d’une femme travaillant à Radio-Arverne. Le dit coup de fil de merde viendra une heure plus tard et je sais même pas ce qu’elle voulait me vendre car j’ai expédié ça manu-militari. Bref… Radio-Arverne donc organise chaque semaine une émission sur le cinéma. Et elle m’a demandé de venir participer à l’émission durant le mois de Juin pour parler du long-métrage co-réalisé avec Toda. Et ce pendant une vingtaine de minutes… Ben va falloir que je fasse mieux qu’à Oloron pour parler. Surtout que ça sera peut-être en direct. En même temps si c’est du direct je pourrais glisser un « anus » innocent dans la conversation sans qu’ils puissent le censurer genre :« quand on tournait au Japon, je marchais dans l’anus pendant que Toda me filmait… Pardon j’ai dit anus ? Non vous devez vous tromprout… » Enfin j’ai quand même bien hâte de voir ce que l’interview va donner.

 

  Enfin, j’ai créé une page à la gloire de « Papa ours était en colère » avec une vidéo de meilleure qualité que celle disponible jusqu’à maintenant.

http://www.guillaumetauveron.com/Papa-ours-est-en-colere.htm

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Samedi 29 avril 2006

  Dès le petit dej on retrouve l’ensemble des heureuses rencontres de la veille. Bon départ pour la journée. Arrivé à l’espace Jeliote, Gilles demande innocemment à Matthew au cas où s’il y aurait une caméra à nous prêter si on décidait de se lancer dans le speed filming. Une porte s’ouvre alors dans ma tête. On a donc une possibilité d’y participer. Et qui plus est je ne peux m’empêcher de voir un ours se cacher derrière les bouclettes de Gilles, sa carrure massive et son pull en peau de grizzli. Après avoir chacun donné une brève interview à une journaliste radio, Gilles, Guillaume et Florent s’en vont regarder un court-métrage projeté dans la salle, tandis que je m’isole avec un carnet et commence à griffonner des idées où Gilles se frotte le dos contre un arbre. Puis mes nouveaux potos reviennent. Gilles me demande ce que j’écris. Je lui explique donc, en me tenant à distance d’un coup de patte, que je l’imaginerais bien en ours bougon. Et en quelques secondes on se met d’accord pour réaliser le film ensemble.  

  Le repas achevé, et quelques verres de jurançon dans le nez plus tard, on a la caméra et le gros de l’histoire, simple mais efficace : Mise en abîme. Des gars se prennent la tête sur le sujet du speed filming. Ils voient un ours par la fenêtre et ils lui courent après pour le filmer. L’ours se carapate avant de s’énerver et de vouloir se venger sur l’instigateur de ce sujet à la con, Mr Poulpe… En cours de route Roberto nous a rejoint, ce qui fait que l’on est quatre réalisateurs sur ce coup là.

  On tourne immédiatement la scène du début et la scène de la fin nécessitant Mr Poulpe. On habille également notre ours Gilles avec des oreilles découpée dans du carton et collée sur son crâne avec du gros scotch marron.

  La seconde scène nécessitant un travelling à tendance rotative, on pique un caddie à Champion, Guillaume grimpe dedans, Gilles pousse le caddie, et ils tournent autour de la table où je suis assis en compagnie de Roberto et de deux autres gars rencontrés au festival, Xavier Landy et Camille Parra.

  Et puis c’est parti pour la chasse à l’ours. Gilles et moi courrons comme des dératés sous le soleil et les regards des gens, amusés ou hallucinés devant cette scène surréaliste. On s’interrompt quelques minutes afin d’aller faire les figurants sur le tournage de Olivesimon (un gars qui sait qu’Ils sont là !) et qui nous permet de secouer les grilles de la sous-préfecture en toute impunité, puis on reprend notre jogging. Tant que je lui cours après je ne prends pas trop de risques. Mais ensuite vient la scène où il me secoue comme un prunier en me criant dessus. Résultat : douche gratuite et l’arrière de mon pull déchiré, mais je m’en fous, c’est pour le « cinéma » et surtout je me suis vraiment marré.

  Mais il est déjà 17h, et le montage est censé être fini pour 19h30. Heureusement on a dans notre équipe Florent Plisson qui est monteur, et qui nous fait un bon travail. On se permet de dépasser jusqu’à 20H30 histoire de fignoler, Gilles et Florent y sacrifiant leur repas du soir.

  Et le film est à peine encodé qu’il faut se rendre dans la salle pour la projection. Chaque film est suivi d’un discours du réalisateur. Le premier à être projeté est Loop. En attendant venir mon tour, qui ne sera que vers la fin, j’admire le travail des autres. Sincèrement je serais incapable de dire quel court je préfère tant ils ont tous leurs qualités particulières. Je suis scotché par la beauté des images et de la lumière de Gilles, surpris par la virtuosité de Guillaume, et j’ai la bouche grande ouverte devant le travail de Roberto qui a été vraiment modeste sur son travail où des dizaines de jouets prennent vie.

  Puis vient le tour de la projection de Katremille et de mon discours bien foireux… M’étant fait ramasser, voire limite insulter, sur ce film par le passé, étant un film extrêmement personnel, et relevant d’une trop grande naïveté dans laquelle je ne me reconnais qu’à moitié aujourd’hui, je me sentais à poil devant le public et me voyait déjà lapider. Ce qui fait que j’ai sorti un discours d’une neutralité affligeante, achevé par un « je pense que je n’ai rien à dire de plus » alors que j’avais une foule de choses à dire sur ce sujet… Ce discours est le seul mauvais souvenir ce de festival… Je ferais mieux la prochaine fois !

  La projection est finie. Le jury se retire et pendant qu’ils délibèrent est lancé la projection de la dizaine de petits films réalisés pour le speed filming. Ah quel plaisir de voir son travail être projeté. Gilles est vraiment irrésistible en ours et les gens se marrent. A part un seul film irregardable, tous les autres sont aussi marrants et truffés de bonnes idées.

  Enfin l’heure des résultats. Guillaume Pierret remporte le troisième prix du public pour Le dernier Psaume, et le premier prix va à un Roberto incrédule et son Super Héros Blues. Roberto est un gars tellement gentil qu’il me demande par la suite si je ne suis pas trop déçu. Dans la bouche de certaines autres personnes cette phrase aurait pu être mal perçue et imprégnée d’une certaine auto-suffisance. Mais venant de Roberto c’est au contraire désarmant de sincérité et d’attention. Il en mérite d’autant plus le prix qu’il a reçu ! Quant à moi je ne suis pas déçu car être déjà sélectionné en compétition officielle était une reconnaissance suffisante. Et je savais que les erreurs de jeunesse de Katremille ne pourraient pas gagner l’unanimité du jury. Au final j’ai néanmoins énormément gagné avec ce festival : des amis vraiment extras, beaucoup de plaisir durant le week-end, beaucoup d’inspirations.

  Donc merci à tous ceux que j’ai rencontré durant ce festival, participants comme organisateurs, et à l’instar d’un Terminator constipé laissez moi vous dire l : « I’ll be back ! ».

Les vidéos du Speed filming sont dispos à l'adresse suivante (notre film s'appelle Papa ours était en colère) :

http://festivaldufilmweb.free.fr/speedfilming/speedfilming.html

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Vendredi 28 avril 2006

  Pour commencer la journée visite d’Oloron. Vraiment jolie cette petite bourgade faites de vieilles pierres et pourtant remplies d’esprits frais (comme je l’apprendrais plus tard). Nos pas nous guident jusqu’à une vieille église du XIè siècle. Etonnamment, au fur et à mesure que grandit ma répulsion et mon incompréhension envers tous ces étranges sauvages d’un autre temps qui se réunissent pour déblatérer du vent dans le vent, ou que l’on nomme plus communément des religieux pratiquants, grandit paradoxalement mon intérêt pour l’architecture des églises et autres lieux saints. Car il faut avouer que les hommes sont allés pêcher haut dans le monde des idées pour magnifier leur bêtise.

  Au repas de midi, rencontre avec diverses personnalités. Chloé Micout, Philippe Masson, et surtout Mr Poulpe sur lequel je reviendrais. Philippe est rédacteur dans le magazine caméra-vidéo et chaque mois il écrit un petit papier sur des sites webs d’amateurs proposant leurs vidéos en téléchargement. Il me propose donc de parler de mon site dans le numéro de Juin. Evidemment que j’accepte avec grand plaisir. Il dit que ça l’arrange. Moi aussi ! C’est rare que le monde soit aussi bien fait.

  Voici maintenant le soir où nous sommes réunis dans l’espace Jéliote où se déroule le festival. Pourquoi et comment, je ne sais pas, mais parmi la foule de personnes présentes c’est à Roberto Ceriani et à sa femme Hélène que j’adresse la parole. Roberto est un compositeur mais passionné d’animation, il a réalisé récemment son premier courts-métrage avec des jouets qu’il a du lâchement piquer à ses enfants : Super Héros Blues. Quant à Hélène à côté de son métier que je n’ai pas à vous divulguer pour raison de sécurité nationale, elle danse, chante, fait du théâtre. Une vraie femme-orchestre. A entendre Roberto, le travail sur son court ne semble pas avoir été énorme, et l’animation reste rudimentaire. Mais, ça je l’apprendrais plus tard, Roberto est quelqu’un de réellement humble et modeste… J’ai hâte de voir le résultat mais la projection officielle n’est que pour demain soir. En attendant nous lions amitié autour d’un repas qui tarde à venir et qu’on m’enlèvera alors même que j’étais en train de manger…

  C’est maintenant l’heure de la projection des films hors-compétition. Nous somme dans la grande salle de l’espace Jéliote (tout de même 400 places) et Mr Poulpe fait son entrée sur scène. Mais qu’est-ce que Mr Poulpe devez-vous demander ? C’est un bouc et une houppette, relevés de beaucoup d’humour froid, parfois tombant dans le pipi-caca, mais visant juste la plupart du temps et n’en ratant pas une. Il a concocté un petit dessin animé rudimentaire pour l’ouverture de ce festival. L’œuvre en dit long sur son créateur sûrement influencé par South Park. Pour résumer bêtement une « gentille » famille de lapins qui finit dans le sang et le vomi… Appréciera qui voudra mais moi je me suis bien marré et depuis je suis devenu un inconditionnel de Mr Poulpe.

  Son forfait accomplit, Mr Poulpe annonce les sujets du speed filming dont il va en tirer un au sort. Mais qu’est-ce donc que le Speed Filming ? Il s’agit, dans le cas présent, en 24 heures, d’écrire, réaliser et monter un court-métrage de deux minutes maximum pour qu’il soit projetable dès demain soir. Un joli défi. Pêle-mêle voici les sujets qu’il nous annonce : « Non loin de là, John portait un Béret », « J'ai comme une envie de sauce béarnaise », « Papa pours est en colère », « j'ai vu mourir grand mère devant Derrick à la télé », « Laurent Sarfati membre du jury qui sort des vannes pourraves quand il est bourré comme un con »… Ouais ben je plains ceux qui vont se lancer dans le Speed Filming. Roulement de tambour fait avec les pieds du public pour cause que manque de budget… C’est « Papa ours est en colère » qui est choisit. Bonne chance à ceux qui y participeront. Moi de toute façon j’ai pas emmené de caméra donc je réfléchis même pas au sujet.

  La projection finie, c’est parti pour un pot. Le jurançon coule à flot et je me met à flotter dans mes chaussettes japonaises à cinq doigts. Je m’approche d’un mur où sont affichés les dix posters des films projetés en compétition demain. L’affiche de Katremille a de la gueule mais les autres ne sont pas en reste. Je les regarde attentivement. J’arrive sur celle du Dernier Psaume. Sur l’affiche, le nom de la production : Smoothless, me dit quelque chose. J’essaie de me dépêtrer deux secondes de l’alcool qui baigne mon cerveau et le souvenir me revient. Sur un forum, Smoothless m’avait dit du plus grand bien de Katremille, et il m’avait annoncé que lui aussi était sélectionné pour le festival d’Oloron et que l’on s’y rencontrerait. Au moment où ce souvenir me revient et où je me retourne pour scruter la foule à la recherche d’un smoothless dont je ne connais pas le visage arrive près de moi deux jeunes hommes. Je ne suis évidemment pas surpris lorsque le premier se présente en tant que réalisateur du Dernier Psaume. Il s’appelle Guillaume. Facile à retenir. Le deuxième est le monteur du film, Florent. Tout à coup le soleil se couche une seconde fois et je me retrouve dans l’ombre. Deux silhouettes gigantesques me surplombent. La première, féminine et gracieuse s’appelle Claire, la seconde, impressionnante s’appelle Gilles Guerraz, est le réalisateur de Loop et se trouve être le compagnon de Claire. Je leur demande d’où ils viennent pour être aussi grand. Paris. Peut-être l’influence de la Tour Eiffel.

  Ma femme Yuka fait la timide sur le côté et je la rapatrie dans la conversation. Et voilà t’y pas que Gilles se met à parler en japonais. Décidément ! A nouveau quatre personnes extrêmement sympathiques qui me donnent hâte d’être à demain quand je finis par rejoindre mon lit à une heure tardive.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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