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Samedi 27 mai 2006

  (Quand un super guerrier fait du karaoke avec une haltère...
c'est qu'il est vraiment fatigué !)

Toute la matinée d’hier j’ai carburé pour monter le film, voir ce qui ne va pas, voir ce qui manque. En début d’après-midi j’avais tout le film mis bout à bout, de façon un peu grossière mais ça m’a permit d’avoir un point de vue d’ensemble. Il ne me manquait qu’une demi-douzaine de plans pour lesquels Gauthier a gentiment libéré son planning. Puis remontage.

  Ce matin je m’en vais seul en forêt pour filmer les derniers plans qui me manquant. Durant le trajet en voiture, je cale la caméra sur son trépied et me filme conduire. Pris dans le jeu, je manque me prendre une voiture dans le cul… Puis alors que je grimpe à travers les bois et réalise une scène, la caméra tombe soudainement en panne. AUTO OFF CYLINDER LOCK s’affiche perpétuellement et il m’est impossible d’enregistrer ou de lire. J’attends un quart d’heure, au cas où elle m’ait fait ça sur un coup de tête, mais le message persiste. La mort dans l’âme je rentre chez moi. Il me manque encore 4 plans à tourner, et je ne pourrais pas non plus utiliser ce que j’ai tourné ce matin. Je me sens soudainement diminué, nu, sans ma caméra. J’imagine qu’un musicien dont l’instrument se casse doit ressentir le même vide.

  Bon gré mal gré, je me remets au montage en speedant à la quatrième vitesse. Mais pourquoi cette précipitation ? Simplement, et malheureusement, parce que Gauthier, Hiroko et Henrick vont déménager définitivement de Clermont-Ferrand d’ici trois jours, et que je leur ai promis de leur montrer le film avant leur départ. Bien sûr lorsqu’ils arrivent le soir même, le film est loin d’être parfait mais la plupart des plans sont montés et rythmés sur la musique de Michel Deneuve (fantastique compositeur et un des uniques joueur d’un orgue de cristal, mais je reviendrais sur lui plus tard) et l’ensemble est tout à fait cohérent. C’est aussi l’occasion pour moi d’entendre ce qu’ils en pensent pour m’orienter dans mon futur travail de retouche. Mais dans l’ensemble ils sont plutôt ravis du résultat.

  Et enfin la récompense après le travail acharné de cette semaine, on s’en va tous en boite pour gesticuler, se vider la tête et ne laisser parler que le corps. La techno a tendance à m’ennuyer à force, mais un saxophoniste et un djembéïste (néologisme assumé), perchés sur un surmontoir, jouent comme des diables par-dessus la musique et le mélange est détonnant. Et tout en dansant et ne me laissant emporter par la musique, je commence à voir des images pour mon prochain conte…

 

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Jeudi 25 mai 2006

  Au réveil le ciel est entièrement bleu. Pourvu que ça dure. Deux heures plus tard le ciel est en bichromie, partagé entre le bleu et le gris, incapable de se décider pour l’un ou pour l’autre. Je récupère mes deux acteurs en herbe à leur domicile et on se rend au parc (la troisième fois pour moi) finir les scènes commencées l’autre jour.

  Puis en haut d’une montagne, au bord d’un précipice assez oppressant on tourne en essayant de ne perdre aucun membre de l’équipe au fond du trou. Comme j’ai fait mon entrée en scène, je me galère un peu à être devant et derrière la caméra. En plus, pour des raisons à découvrir dans le film, Gauthier et moi avons mille raisons d’être morts de rire et de recommencer les scènes encore et encore.

  Il est largement plus de 14h quand on mange enfin. Et pour ne rien dévoiler du film, je ne peux que dire que le reste de la journée n’a été qu’une immense course contre la montre, avec un nombre incroyable de scènes à tourner. Comme toutes ces scènes se tournent dans l’appartement de Gauthier et Hiroko, cela facilite tout de même les choses. Par contre, on passe presque une heure sur un seul plan car un troisième luron nommé Henrick nous a rejoint, et la scène que l’on tourne ensemble est trop absurde pour parvenir à rester sérieux (ce qui vaudra à la scène d’être très écourtée au montage).

  Le tournage se poursuit jusqu’à plus de minuit sans que j’ai le temps de tout mettre en boite. Je rentre chez moi, fait une heure et demi de montage puis tombe de fatigue…

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Mercredi 24 mai 2006

  Aujourd’hui pas de tournage. Ce break me permet de monter les scènes tournées hier, de juger ce que ça donne, et de pratiquer des changements au niveau du scénario en fonction de la viabilité de certaines idées. Butant sur un point du scripte que je ne parviens pas à dégrossir, je me décolle avec un chausse-pied de devant mon ordinateur, je prends mon sac Barbie, me fait deux couettes sur les côtés de la tête, et m’en vais faire de la corde à sauter dans le garage.

  Au début impossible de se concentrer car je n’arrête pas de me prendre la corde dans les jambes. Puis le rythme se met en place. La corde tourne, tourne, tourne. Je sautille, sautille, sautille. La machine corporelle lancée à un bon régime, je décroche l’esprit. Les idées affluent. Mais pas dans le sens où je l’entendais. Le point sur lequel mon esprit se fixe n’est pas la réécriture du scénario, mais le titre du film. Car « Macédoine » ne correspond définitivement plus. Les mots et les idées tournent dans ma tête au même rythme effrénée que la corde. Je choisis tout d’abord d’utiliser le mot conte, car cela me semble bien résumer l’esprit général du film. Je recherche des jeux de mots avec le mot conte. Tourne, tourne, tourne. J’en passe un certain nombre avant de m’arrêter sur « Contes en banque », non que le titre soit exceptionnel, mais c’est ce qu’il implique qui m’accroche et qui me fais me décider en quelques secondes. Tourne, tourne, tourne. Ce nouveau film ne sera pas isolé. Il va faire partie d’une série de contes, qui se nommera donc (à priori), Contes en banque, et qui devrait compter à l’avenir une grosse demi-douzaine de contes-courts-métrages. Tourne, tourne, tourne. Chaque conte se verra attribué une couleur différente selon son thème, et inversement le thème et l’ambiance devra se rapporter à la couleur. Et pour le premier conte de cette série à venir, la couleur qui me semble la plus désignée est le vert. Tourne, tourne, tourne. Enfin, il me semble nécessaire de compléter chaque titre avec un sous-titre d’un seul mot. Et celui-ci sera inévitablement « Magie » en raison des différents thèmes abordés, de l’atmosphère et de l’omniprésence de la nature.

  Maintenant il m’est très simple de finir de réécrire le scénario car je sais exactement où et comment m’orienter.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Mardi 23 mai 2006

  10 heures. Je débarque chez Hiroko et Gauthier. Les pauvres. Je m’insinue dans leur quotidien, dans leur propre appartement, afin de mieux les filmer et de mieux filmer leurs atmosphères. Ils sont amateurs mais pourtant ils sont très naturels devant la caméra. Qui plus est, ils pensent d’eux-mêmes à une foule de détails : dans quel main il tenait un objet dans la scène précédente, comment se placer pour que je vois bien l’action… De vrais pros. C’est un plaisir de travailler ensemble.

  Dernière scène de la matinée. J’ai besoin de faire long un travelling arrière, et un travelling avant.dans un couloir. Et là, petit chanceux que je suis, dans les étages inférieurs, on trouve un chariot dans une partie en cours de travaux. Bon il y a plein de plâtre dessus mais on le nettoie et le pique vite fait avant que les gars du bâtiment ne reviennent de leur pause. Et puis c’est parti pour l’équipée terrible. Je monte debout sur le chariot, avec la caméra posée sur son pied, Hiroko se met à courir devant et Gauthier pousse le chariot comme un dératé. On manque se gaufrer deux ou trois fois, surtout quand Gauthier tire le chariot en arrière à toute berzingue en priant pour qu’il s’arrête avant le mur, mais j’ai EXACTEMENT la scène que j’avais en tête. Même les expressions du visage de Hiroko ainsi que sa façon de courir sont en tous points identiques à ce que j’imaginais. Par contre on a une heure de retard par rapport au planning que je m’étais fixé. Ce qui est plutôt normal puisque j’ai décidé de tourner des scène que j’avais prévu pour jeudi.

  On fonce à mon appartement au ralenti pour cause d’embouteillages, où Yuka, en bonne épouse japonaise, nous a préparé un bon repas. Et à peine la dernière bouchée avalée, c’est reparti. Gauthier se met à moitié à poil dans le lit avec ma femme, il la traite de chaudasse, mais comme on est ami ça ne me pose pas de problème, et puis surtout c’est dans le script.

  Le temps s’écoule à un rythme trop rapide pour moi et le ciel devient de plus en plus con. Scène de rue. Je veux que Yuka fasse du lèche vitrine, mais je n’ai aucune autorisation pour filmer. Je choisis un angle de caméra pour que l’on ne reconnaisse pas les magasins, mais les vendeuses n’arrêtent pas de sortir et nous regarder. On change d’endroit. Quelques mètres plus loin. Un magasin fermé pour cause de liquidation totale. Parfait. Personne ne viendra nous faire chier à part quelques gouttes de pluie.

  Du rythme, du rythme, du rythme ! Tous à la Tauveron-mobile. Direction le parc où j’avais tourné avec Vincent. La moitié des scènes est à peine tournée que des trombes se mettent à tomber. On se réfugie sous les arbres mais au bout de dix minutes toujours aucun changement. Je dois annoncer le verdict qui me fait mal au cœur. C’est fini pour aujourd’hui. Il me manque quelques scènes ici, et j’en avais d’autres de prévu dans un autre lieu mais il faut savoir s’avouer vaincu, et surtout espérer que le temps sera clément avec nous Jeudi.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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Samedi 20 mai 2006

  Cela a commencé comme un remake d’avant-hier. Avec Vincent on se rend dans un parc, il sort son énorme… djembe et moi ma modeste… caméra et dans les 5 secondes il se met à pleuvoir. Ah nom de Dieu ! On se réfugie donc sous les arbres et je commence à jurer à tous vents. Pas calmé mais raisonné je me retourne vers Vincent et je me rends subitement compte que l’endroit où nous sommes, est non seulement abrité de la pluie et du vent, mais qu’il est également bien plus intéressant que ce que j’avais en tête. Je tournerais donc sous ses arbres. A ce moment-là, comme pour me faire un pied de nez, la pluie s’arrête, le soleil sort, et un beau ciel bleu nous regarde. Mais quenini, je ne changerais pas d’endroit ! Et Vincent se met à marteler sur son djembe comme un diable durant plus d’une heure tandis que je le filme sous toutes les coutures.

  Secondes série de scènes. J’investis de force l’appartement de Vincent où il est logé chez une vieille dame. Je me demande comment elle réagirait si elle arrivait soudainement au moment où Vincent est allongé sur le sol et que moi je suis derrière la caméra en ne portant qu’un slip et un T-shirt. Même pour vous qui lisez ceci, en dehors de son contexte cela peut paraître tendancieux mais je réserve mes déclarations pour mon avocat.

  Enfin dernier « travail » à faire de la journée. On rentre à mon appartement qui est extrêmement bien isolé du bruit extérieur afin d’enregistrer un concert live de Vincent. Car je ne sais pas ce que donnera le son pris en extérieur aujourd’hui. Il y avait pas mal de vents, sans compter une groupe d’adolescents multisexes qui lâchaient leurs hormones à tous vents sous forme autant gestuelle (roulé d’épaules pour les uns, roulé mammaires et fessier pour les autres) que bruyante. Donc Vincent emmerde mes voisins durant vingt minutes, mais comme ils sont polis ils disent rien, et la partition de Vincent s’achève sur un pastis.

par Guillaume Tauveron publié dans : Documentaire live
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